La basilique de Saint-Denis - Nécropole des rois et reines de France | Les Coulisses de l'Histoire
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13 Mar La basilique de Saint-Denis – Nécropole des rois et reines de France

Petit historique du monument

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Saint Denis (visible au Bode-Museum à Berlin)

L’abbaye royale de Saint-Denis a été construite au Vème siècle, sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, réputé pour être le lieu de sépulture de Saint-Denis, premier évêque de Paris, décapité par les Romains en 250 après Jésus Christ sur le mont des martyrs (aujourd’hui connu sous le nom de Montmartre). La légende dit que Saint-Denis se serait relevé, aurait pris sa tête dans ses mains et aurait marché 8 kms au Nord-Ouest avant de s’écrouler à l’emplacement où s’élève aujourd’hui la basilique.

Au Moyen-âge, les fidèles pouvaient venir se recueillir dans l’abbaye devant les reliques supposées de  Saint-Denis, qui sont toujours conservées dans le chœur de la basilique.

Dagobert Ier est le premier roi à avoir choisi la basilique de Saint-Denis comme lieu de sépulture en 639. Les rois suivant suivront son exemple, plaçant ainsi le salut de leur âme sous la protection de Saint-Denis, le 1er évêque de Paris.

Au VIIIe siècle, à l’occasion de son sacre, le premier roi carolingien Pépin le Bref décide la reconstruction de l’édifice et transforme l’abbaye en basilique.

Puis au XIIème siècle, c’est l’abbé Suger, le conseiller du roi Louis VI le Gros qui se consacre à la reconstruction du vieil édifice carolingien, devenu trop petit pour accueillir tous les fidèles. Il agrandit le monument selon les techniques architecturales de l’art gothique.

Durant des siècles, les rois et reines de France ainsi que les princes et princesses de sang se font enterrer dans la basilique. Puis, en 1793, durant la Révolution Française, les révolutionnaires saccagent l’abbaye, déterrent les rois de France et jettent les dépouilles dans des fosses communes à proximité de l’abbaye. Il faudra attendre la restauration avec Louis XVIII en 1815 pour que les ossements soient ramenés dans un ossuaire au sein de la basilique.

Violation des caveaux royaux de Saint-Denis, par Hubert Robert

                                                                            Violation des caveaux royaux de Saint-Denis, par Hubert Robert

Ainsi, les tombeaux que nous voyons aujourd’hui sont pour la plupart des cénotaphes (tombes sans dépouilles).

Bien que de nombreux gisants aient été détruits sous la Révolution. Il en reste beaucoup à contempler, toutes époques confondues.

L’art funéraire de la Renaissance ou la mise en scène des deux corps du roi

Les tombeaux les plus impressionnants sont, sans conteste, ceux des rois de la Renaissance et leurs épouses : Louis XII et Anne de Bretagne, Henri II et Catherine de Médicis et François Ier et Claude de France.

Dans la partie inférieure des tombeaux, ils sont représentés morts et à demi-nus. Dans la partie supérieure, ils sont représentés vivants et en prière. Le tombeau symbolise le concept des 2 corps du roi : le corps matériel, vivant amené à mourir et dépérir et le corps politique, qui incarne la monarchie et qui est éternel, d’où la célèbre formule « Le roi est mort ! Vive le roi ». La monarchie ne meurt jamais. Cette thèse a été reprise et développée par Ernst Kantorowicz dans son ouvrage Les Deux Corps du Roi.

Tombeau de Louis XII et d'Anne de Bretagne (Myrabella - CC BY-SA 3.0)

                            Tombeau de Louis XII et d’Anne de Bretagne (Myrabella – CC BY-SA 3.0)

La crypte

Dans la crypte, hormis l’ossuaire qui regroupe les ossements de tous les rois et reines confondus, nous pouvons trouver le cœur de Louis XVII, le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Emprisonné avec sa famille pendant la Révolution Française, il est séparé de sa mère et de sa sœur après la mort de Louis XVI. Confié à un garde républicain et détenu dans une geôle de la prison, il meurt à l’âge de 10 ans de la tuberculose.  Lors de l’autopsie, le docteur prélève le cœur du petit roi. Placé dans un vase de cristal, le cœur s’est conservé puis desséché. Passé de mains en mains, il intègre la basilique de Saint-Denis en 2004. Des tests ADN menés dans les années 2000 ont confirmé qu’il s’agissait du cœur du fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI. Toutefois, les partisans d’une thèse survivaliste du petit Louis XVII persistent à croire qu’il s’agit du cœur de son frère aîné Louis-Joseph mort en juin 1789, avant la Révolution Française.

La crypte abrite également les tombes de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Les dépouilles des souverains avaient d’abord été enterrées au cimetière de la Madeleine à Paris sous la Révolution. Sous la Restauration, Louis XVIII les fit revenir à Saint-Denis.

A cette occasion, il commanda des statues de Louis XVI et de Marie-Antoinette en prière, qui sont toujours visibles dans le chœur de la basilique.

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Priants de Louis XVI et de Marie-Antoinette commandés par Louis XVIII lors du retour des dépouilles des souverains à la basilique (Eric Pouhier – CC BY-SA 2.5)

Photo de couverture : Façade Nord de la basilique de Saint-Denis -©Ministère de la Culture (France) – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine – diffusion RMN

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