21 juin 1791 : arrestation de la famille royale à Varennes | Les Coulisses de l'Histoire
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21 Juin 21 juin 1791 : arrestation de la famille royale à Varennes

Il y a 225 ans, la famille royale de France, après avoir été stoppée net dans sa fuite, regagnait Paris sous des quolibets hostiles et sous les crachats du peuple. Le retour sur la capitale dura 4 jours au total, quatre jours d’humiliation et de déconvenues. Retour sur un événement qui a marqué de façon irrémédiable l’Histoire de France.

Les causes de la fuite de la famille royale

 

Louis16-1775

                                  Louis XVI

En 1789, la Révolution Française secoue une première fois le pouvoir monarchique. Le roi Louis XVI est alors obligé de composer avec une assemblée nationale. En deux ans, le roi est peu à peu dépouillé de tous ses pouvoirs et assigné à résidence au palais des Tuileries, en plein cœur de Paris. Pourtant, Louis XVI semble se rallier à l’idée d’une monarchie constitutionnelle mais ses relations avec les députés de l’Assemblée constituante se détériorent de plus en plus, notamment en ce qui concerne la politique religieuse.

En 1790, Mirabeau avait déjà suggéré au roi la possibilité d’une fuite pour prendre la tête de troupes favorables à sa cause, dans l’est du pays, et mettre ainsi un terme à la Révolution.

Le 18 avril 1791, les Parisiens empêchent Louis XVI de quitter les Tuileries pour se rendre à Saint-Cloud pour les fêtes de Pâques, où il souhaite recevoir la communion d’un curé non assermenté (qui n’a pas prêté serment à la Nation). Pour le roi, très pieux, c’en est trop. Encouragé par le comte suédois Axel de Fersen (amoureux de la reine), il décide de mettre en pratique le conseil de Mirabeau et de rejoindre le quartier général du marquis de Bouillé, à Montmédy, près de la frontière luxembourgeoise. Il sait que ses troupes sont dévouées à la monarchie.

La fuite

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, une berline lourdement chargée s’éloigne de Paris. À son bord Louis XVI, la reine Marie-Antoinette, leurs deux enfants, Madame Élisabeth (la sœur du roi) et la gouvernante des enfants, Mme de Tourzel. Il a fallu user de ruse pour ne pas se faire remarquer des gardes nationaux mais le plan a réussi.

Le roi voyage avec un faux passeport au nom de M. Durand, intendant de Mme de Korff, une baronne russe. Marie-Antoinette prend l’identité de Mme Rochet, gouvernante de ladite baronne. Les enfants de France deviennent ceux de la baronne. Et c’est la gouvernante des enfants royaux qui endosse l’identité de Mme de Korff.

Le matin du 21 juin, quand la disparition du roi est constatée, l’alerte est donnée et le marquis de La Fayette, commandant de la garde nationale, envoie des courriers dans toutes les directions pour ordonner l’arrestation des fuyards.

L’arrestation à Varennes

Entre temps, la berline royale prend beaucoup de retard sur l’itinéraire envisagé. Le soir, elle arrive à Sainte-Menehould, en Champagne. C’est là qu’un maître de poste du nom de Drouet croît reconnaître le roi. La nouvelle de sa fuite, qui arrive peu après, le pousse à rattraper la voiture. Il devance la berline à l’étape suivante, à Varennes-en-Argonne. Il alerte les habitants et le procureur de la commune, l’épicier Sauce. Quand arrive enfin la famille royale, elle est arrêtée et invitée à descendre de voiture.

On sonne le tocsin. Les villageois, menaçants, se rassemblent autour de la maison de l’épicier où sont reclus les prisonniers. La foule refuse que le roi reparte. Très vite, les émissaires de l´Assemblée, envoyés à la recherche du roi, arrivent sur place. Acculé de toutes parts, Louis XVI finit par accepter de retourner à Paris.

Le retour à Paris et les conséquences de la fuite

Alors que tout le trajet du retour se fait sous les crachats et les insultes, l’arrivée à Paris  se fait dans un silence lugubre. Des affiches placardées sur les murs de la capitale indiquent: «Quiconque applaudira le roi sera bastonné, quiconque l’insultera sera pendu.»
La fuite du monarque est perçue par ses sujets comme une trahison. La confiance est rompue. À partir de cet épisode, le divorce est consommé entre le roi et son peuple. Cette évasion signe l’arrêt de mort de la monarchie. L’année suivante la République est proclamée. Et le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde) à Paris.

Jean-Baptiste Drouet

Drouet_Jean-Baptiste_05_maxJean-Baptiste Drouet, qui avait reconnu le roi à Varennes et précipité son arrestation, est élu député en septembre 1792. Il vote la mort du roi l’année suivante. Il est ensuite envoyé en qualité de commissaire à l’armée du Nord où il est fait prisonnier par les Autrichiens. Ironie du sort, il est libéré en décembre 1795, échangé avec d’autres prisonniers, contre Marie-Thérèse (la fille de Louis XVI, seul membre de la famille royale encore en vie).

Photo de couverture: L’arrestation de Louis XVI et de sa famille à Varennes en juin 1791 par Thomas Falcon Marshall

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