6 points communs qui relient Emmanuel Macron et Louis-Napoléon Bonaparte | Les Coulisses de l'Histoire
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18 Mai 6 points communs qui relient Emmanuel Macron et Louis-Napoléon Bonaparte

Depuis son élection le 7 mai dernier,  on a beaucoup glosé sur l’âge du nouveau président de la République, comme si la jeunesse constituait un obstacle à l’exercice du pouvoir exécutif. Il est vrai qu’à 39 ans, Emmanuel Macron est le plus jeune président de la République depuis l’instauration de cette fonction en décembre 1848. A cette date, Louis-Napoléon Bonaparte, le neveu de Napoléon Ier, avait été élu à l’âge de 40 ans, et depuis, personne n’avait accédé à cette fonction suprême aussi jeune.

Mais les points de convergence entre les deux hommes ne se limitent pas seulement à leur jeune âge au moment de leur investiture.

Tout d’abord, Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, tout comme Emmanuel Macron en 2017, bénéficie du statut de l’homme providentiel. Mais si! Vous savez… cette figure récurrente de la mythologie politique qui apparaît dans les périodes de crises, et qui se présente comme le sauveur ultime du pays. A l’issue de la Révolution française de février 1848, qui met fin à la monarchie de Juillet, un gouvernement provisoire est constitué. Louis-Napoléon Bonaparte, alors exilé en Angleterre et quasi-inconnu en France, se présente aux élections législatives de septembre et remporte pas moins de 5 départements. Un bon début pour cet homme providentiel à l’ascension fulgurante qui en rappelle bien d’autres.

A la suite de la promulgation de la constitution de la IIème République, il se porte candidat à l’élection présidentielle. Encore inconnu en France quelques mois auparavant, ses adversaires ne manquent pas de le railler: « Quel imbécile que ce Mr Bonaparte » s’exclame Alexandre Ledru-Rollin à la tête de l’extrême gauche. Adolphe Thiers, chef de file des royalistes, mise sur le manque de charisme du candidat et convainc ses confrères de le soutenir en voyant en lui « un crétin qu’ils mèneront [sic] ». Des réactions qui ne sont pas si éloignées de celles de la classe politique française à l’égard d’Emmanuel Macron il y a encore un an.

Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte est le premier président élu au suffrage universel (masculin), avec près de 75% des voix. La victoire, sans appel, s’appuie sur la forte division de ses opposants et sur la popularité de son patronyme. En 1848, la légende napoléonienne bat son plein. Les cendres de l’empereur défunt rapatriées de l’île de Sainte-Hélène vers la France en 1840 ont encore renforcé l’attachement des Français à l’ancien empereur déchu. L’élection de Louis-Napoléon Bonaparte inspire à François Guizot, ministre sous la monarchie de Juillet, les mots suivants: « c’est beaucoup d’être à la fois une gloire nationale, une garantie révolutionnaire et un principe d’autorité ».

Eugène Cavaignac, deuxième homme de l’élection et chef du gouvernement provisoire ne remporte que 19% des voix. La victoire semble sans appel… mais sur les 10 026 000 citoyens inscrits sur les listes électorales à cette époque, seuls 7 497 000 se sont prononcés, portant le taux d’abstention à 25%. Une forte abstention qui n’est pas sans rappeler celle du second tour de l’élection présidentielle de 2017.

A l’image de son programme d’homme providentiel, Louis Napoléon Bonaparte reste l’homme du consensus durant les 4 années de son mandat. Face aux socialistes, aux monarchistes légitimistes ou orléanistes, le nouveau président louvoie. Bien que profondément attaché au conservatisme de part sa filiation, il croit également au progrès. Son réformisme social (il autorise les syndicats, libéralise le pays) le rapproche des républicains mais son statut de prétendant à la monarchie impériale héréditaire empêche toute alliance avec eux. Ce n’est quand même pas toujours facile d’être le neveu de l’ogre corse. Un statut politique paradoxal donc qui n’est pas sans rappeler celui d’Emmanuel Macron à mi-chemin entre la droite et la gauche.

Enfin, dès lors qu’il accède à la présidence de la République, Louis Napoléon Bonaparte devient bien entendu un célibataire convoité mais son cœur est déjà pris par une jeune actrice anglaise de 15 ans sa cadette: Harriet Howard. Le président l’a rencontrée à Londres en 1846 lors de son exil politique. Très amoureuse, la jeune femme n’hésite pas à financer la campagne électorale de son amant. Malheureusement pour elle, en tant que maîtresse, elle doit rester dans l’ombre après l’élection et ne peut pas prétendre au rôle de première dame et d’hôtesse de l’Élysée. C’est finalement la cousine du prince-président, la princesse Mathilde, ennemie jurée d’Harriet Howard, qui exerce ce rôle. Nul doute qu’Harriet Howard aurait apprécié le souhait d’Emmanuel Macron d’officialiser le statut de première dame…

 

Cet article a également été publié sur le site du Huffington Post.

 

Crédit photo : POOL New / Reuters

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