Une place de concorde nationale pour rassembler les Français | Les Coulisses de l'Histoire
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19 Nov Une place de concorde nationale pour rassembler les Français

Anciennement nommée Place Louis XV sous l’Ancien Régime, puis Place de la Révolution à partir de la chute de la Monarchie, la Place de la Concorde est la plus grande place de Paris. Le nom aurait été choisi par le Directoire pour marquer la réconciliation des Français après les excès de la Terreur. Car en effet, c’est ici que s’élevait la guillotine sous la Révolution Française et c’est ici que furent guillotinés, entre autres, Louis XVI et Marie-Antoinette en 1793.

Imaginez-vous, le 21 janvier 1793 à dix heures du matin, Louis XVI, gravit bravement les marches de l’échafaud et fait une dernière déclaration couverte par le roulement des tambours. Quelques minutes plus tard, le bourreau Samson brandit sa tête ensanglantée devant la foule. Sa mort marque un tournant dans l’histoire de la Révolution et ouvre la porte de la radicalisation, qui deviendra la Terreur.

Le 16 octobre de la même année, c’est au tour de Marie-Antoinette d’affronter l’échafaud. Le tribunal révolutionnaire avait voté sa mort à 4h00 du matin après quelques jours de procès dans l’actuel palais de Justice sur l’île de la Cité. A 10h00, on coupe les cheveux de la reine déchue (dans la Conciergerie où elle réside) avant de les brûler afin d’éviter qu’ils ne servent de reliques. Vers 10h30, elle est menée à l´échafaud en charrette à la place de la Concorde. Le trajet dure environ 1h30. Robespierre voulait qu´il soit l’objet d´une ultime humiliation pour la reine déchue.

Ses derniers mots sont pour son bourreau (fils du bourreau Samson qui avait guillotiné Louis XVI 9 mois auparavant). Alors qu´elle monte les marches de l’échafaud, elle trébuche et écrase malencontreusement son pied et dit : « Monsieur, je vous demande pardon je ne l’ai pas fait exprès. » A 12h15, le couperet tombe.

D’autres victimes de la Terreur sont guillotinés sur cette même place parmi lesquels : Charlotte Corday, Madame Roland, Georges Danton, Camille Desmoulins, Madame Du Barry (ancienne favorite de Louis XV) Antoine Lavoisier et même Maximilien de Robespierre lors de sa chute le 28 juillet 1794 (10 thermidor an II dans le calendrier républicain).

De nos jours, la place de la Concorde est indissociable de l’obélisque de Louxor, le plus vieux monument de Paris. Il est en effet contemporain du pharaon Ramsès II. L’obélisque avait été offerte par le pacha d’Egypte Méhémet-Ali à la France en 1830 pour sceller l’amitié entre les deux pays. Le savant Champollion qui avait accompagné Napoléon Bonaparte dans sa compagne d’Egypte et qui avait réussi à traduire la célèbre pierre de Rosette, aurait voulu qu’il soit érigé à la place de la pyramide du Louvre à proximité des collections égyptiennes qu’il avait constituées. Mais la place de la Concorde était un choix politique : placer un monument totalement étranger à l’histoire nationale sur ce haut lieu de la Révolution française devait en effet empêcher que partisans ou détracteurs de la Révolution ne l’identifiassent à leur cause. Six ans plus tard, le 25 octobre 1836, au terme d’une expédition hors norme, l’obélisque de Louxor est finalement érigée sur la place de la Concorde.

 

Photo de couverture : « Une exécution capitale, Place de la Révolution » par le peintre Pierre-Antoine Demachy.

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