Lorsque la peinture réécrit l'Histoire de France | Les Coulisses de l'Histoire
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04 Mar Lorsque la peinture réécrit l’Histoire de France

La communication politique n’est pas une invention de nos contemporains, encouragée par l’essor des media et autres réseaux sociaux. Nombre de personnalités dans notre Histoire avaient déjà bien compris l’importance de l’image pour servir leurs ambitions politiques.

Prenons l’exemple de Napoléon Bonaparte. Avant même de devenir empereur des Français, celui qui n’était encore que Premier Consul, excellait dans l’utilisation de l’image pour magnifier ses victoires.

En 1800, l’Autriche, en guerre contre la France, lève une armée en Italie. En faisait passer son armée par les sommets alpins le 20 mai 1800, Napoléon Bonaparte prend à revers les Autrichiens qu’il écrase à Marengo.

Cet exploit stratégique a été représenté par le peintre Jacques-Louis David dans son tableau « Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard ». David le représente calme sur un cheval cabré sur ses pattes arrières au bord d’un précipice. Napoléon Bonaparte est revêtu d’un large manteau rouge gonflé par le vent, qui rappelle les modèles antiques.  Le Premier Consul indique d’un signe de la main le chemin à suivre vers la victoire.

En réalité, ce tableau magnifié est bien loin  de la réalité. Napoléon Bonaparte a franchi les Alpes à dos de mulet emmitouflé dans une redingote et coiffé d’un bicorne couvert de toile cirée. En outre, alors que Napoléon traversait un sentier escarpé, sa mule glissa sur une pierre et le Premier Consul manqua de dégringoler dans le précipice. Qu’importe, cette toile de maître permit au Premier Consul de revêtir une dimension héroïque.

Quatre ans plus tard, le 2 décembre 1804 : Napoléon Bonaparte est sacré empereur des Français. Il demande à nouveau au peintre Jacques-Louis David de retranscrire cet événement historique. Et une fois encore, il lui demande de magnifier la réalité.

                                         « Le Sacre de Napoléon » par Jacques-Louis David

Letizia Bonaparte, la mère de Napoléon, pourtant absente le jour du sacre est ainsi représentée dans la tribune au centre du tableau. Non seulement elle désapprouvait le mariage de son fils avec Joséphine de Beauharnais et ne souhaitait pas assister au couronnement de sa bru, mais surtout, elle en voulait à Napoléon de s’être gravement brouillé avec son frère Lucien. Ce dernier s’était effectivement remarié sans consulter son aîné. De plus, Napoléon s’était aussi brouillé avec Jérôme un autre de ses frères, lui aussi absent de la cérémonie. Toute sa famille est pourtant représentée au grand complet sur le tableau pour donner l’image d’une famille unie autour de l’empereur, à l’image des Français, devant faire bloc derrière lui.

 

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